Entre le monde où nous vivons et le monde où nous croyons vivre, une large plaine s’étend.

La société arabe généralement, marocaine spécialement,  est un tourbillon de phénomènes, à l’apparence sociale derrière laquelle se cache l’aspect pathologique de la situation.  Des phénomènes qui se contredisent et s’entrechoquent les uns contre les autres.

On nous a enseigné un jour pas plus lointain qu’hier, qu’il existe une différence entre le fait d’être paranoïaque, névrosé et   schizophrène.  Certes, ces pathologies se rencontrent dans des aspects communs, et c’est pour ce fait qu’il est difficile de distinguer les unes des autres.

Un paranoïaque a peur de tout ce qui est extérieur de son organisme. Il a peur des autres et s’attend au pire de leur part. Penser au futur dépasse chez lui le « gentil » soucis qui génère chez l’esprit cette envie de réussir et d’atteindre le zénith du succès. C’est une torture qui lui fait l’effet d’être coincé entre deux murs, qui se rapprochent l’un de l’autre, doucement, et qui l’écraseront certainement.  Une personnalité hyper sensible caractérise les paranoïaques, et ils ont tendance à croire que tout le monde cherche à leur faire du mal.

Un Névrosé, selon Freud, est une personne dont la fonction synthétique de la personnalité, dite le Moi, est témoin d’un conflit à deux sens, entre ses forces pulsionnelles (le « ça ») d’un côté, et le surmoi qui garde les frontières de l’interdit, d’un autre.  Un des symptômes les plus fréquents chez les névrosés, est l’agressivité et la difficulté relationnelle, résultat du choc interne sans aucun doute.

Quant au schizophrène, on le repère plus facilement si l’on accorde plus d’attention à ses réactions à l’extérieur. En guise d’exemple, un homme qui a tendance à mal interpréter les faits et à en tirer des conclusions clairement erronées pour une personne normale,  un homme qui  ne fait pas la distinction entre ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas, qui se croit le centre du monde et que toutes les forces des ténèbres le prennent comme cible… C’est certainement un schizophrène ! Un névrosé schizophrène pour être plus précise.

On nous a présenté ces « phénomènes » de la folle ingéniosité de l’esprit humain, sous un aspect unidimensionnel. Or, la réalité, la société marocaine, disant les jeunes surtout ne souffrent pas d’une seule de ces maladies. Ils en souffrent toutes à la fois.  Ce n’est pas un schizophrène qui s’assoit à côté de vous, à l’instant, en train de lire aussi peut être, ces quelques lignes sans pour autant s’y reconnaitre, car il y a de fortes chances qu’il soit un « schizo-névrosé-paranoïaque ». Oh que si !

Discutons plutôt ceci, par le biais d’exemples qui peuvent enlever l’atmosphère disant grisâtre et brumeuse de cette « mini-thèse », si l’on peut se  permettre de l’ainsi considérer.  Je me contenterai, cependant, de zoomer l’observation sur nous, les étudiants de cette école injustement étiquetée « féminine ».

Je donnerai l’exemple d’un jeune homme dont le comportement a vivement attiré mon attention.

Disant qu’un jour que je sirotais paisiblement mon lait au chocolat, cet étudiant s’installa à la table voisine à la mienne, avec  son compagnon. Il avait apporté un verre de thé. Son ami, lui, avait opté pour le café. Le premier ne semblait pas content et hésitait. Je l’ai même entendu exprimer son envie de café, lui aussi, mais repoussa la proposition de son ami d’aller en acheter un au lieu de son thé. Quelques minutes après, une fille, se plaignait à sa copine qu’il n’y a plus de café, au comptoir ! Ceci fit à notre ami un effet de diable. Au fond de lui la frustration était si brulante qu’elle lui débordait des yeux et ses gestes explosaient en confusion.  C’était clair : Il voulait le café mais avait choisi le thé finalement. Il ne l’a pas choisi  parce qu’il le désirait. Il croyait le désirer et le préférer au café mais les minutes d’après ont prouvé le contraire.  Notre ami a été incapable de savoir ce qu’il voulait : café ou thé.

N’imaginez pas que j’ai tout inventé, non ! J’ai bel et bien été témoin de pas mal de ces scènes, sauf qu’il ne s’agissait ni de café ni de cette ignoble liqueur qu’on essaye toujours de nous faire croire que c’est du thé. Le sujet de choix était encore plus grave. Un thé ou un café sont facilement retrouvables, c’est la chose qui ne manquera jamais au Maroc. Or, certaines  choses, sujettes de notre besoin le plus puissant, sont définitivement perdues.  Cependant, les schizophrènes que j’ai  remarqué au sein de cette école mystérieusement   ravissante ne se sentent pas dérangés le moins du monde et reprennent de plus belle leur train-train habituel de manies pathologiques.

Réveillez-vous, voyons et voyez la réalité en face ! Vous êtes assez murs pour pouvoir prendre vos décisions, non ?! Le temps cour, les jours se pourchassent,  les visées s’éloignent encore plus lorsqu’on traine le pas. Un homme, un étudiant de votre calibre doit tenir ses choix en main, et non pas se laisser tenir la tête par des choix qui se le partagent comme un agneau !

La paranoïa n’a jamais existé que pour ceux qui se cachent derrière leur peur pour se  justifier leur incompétence et leur flemme pathétique.  Pourquoi avoir peur d’un futur qui n’existe pas encore, qui n’est qu’une histoire dont la source est vous-même ? Le chômage n’est qu’un cauchemar qui prend forme lorsqu’on décide d’y penser.  Vous aurez une carrière d’enfer si vous vivez le présent comme il devrait être vécu, et travaillez sérieusement et courageusement, chassant cette peur ridicule qui amortie votre rendement.

Maintenant, si vous ignorez mes dires, et baissez les bras devant l’assaut de cette paranoïa féroce et cette schizophrénie ridicule, vous invitez délibérément  la névrose à prendre sa part au spectacle et vous détruire, à petit feu. Car, rares sont les cas où ces trois pathologies ne se tiennent compagnie dans l’esprit d’un humain.

Vous direz probablement que tout ce que j’ai dit n’a pas de sens.  D’accord. Seulement, attention ! Le jour où ça aura un sens à vos yeux… ça sera peut-être trop tard pour  que ce que j’ai dit ait son effet préventif…. A bon entendeur !

Il est temps de se poser la question : Suis-je un schizophrène ?

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