C’était le trajet le plus long et le plus horrifiant de ma vie. J’ai essayé de m’endormir à maintes reprises, mais le bruit de la publicité qui jacassait au dessus de ma tête là où j’étais assise dans le bus, s’y ajoutaient les secousses brutales de ce dernier découpaient mon petit repos en miettes frustrantes.

On arriva enfin. « On » parce que je n’étais pas seule. Papa  m’accompagnait, m’escortait plutôt. Je tremblais de terreur comme aurait tremblé un condamné à mort dans son chemin vers l’échafaud. J’avançais à pas mourants, espérant… Priant qu’un incident quelconque nous empêche de continuer notre chemin vers le cabinet où je passe mon stage. Pour une raison inconnue, Dieu ignora mes prières ce jour là.

Lorsqu’on fut arrivés à la porte du cabinet, papa me laissa. J’entrai. J’essayais de sourire. Au regard inquiet de l’assistant de direction, je compris que mon sourire n’était pas convaincant, mais je m’en moquais à l’heure qu’il était…

Mes jambes tremblaient, mon cœur martelait ma poitrine. L’air devint encore une fois solide ou bien  c’étaient   mes narines qui se sont rétrécies… Je suffoquais déjà.

Là où je me suis installée dans mon bureau, le bruit de mes efforts de respiration m’embarassaient. Inutile de voir l’un ou l’autre montrer leur compassion et entendre des suggestions du genre: « Tu es malade, rentre chez toi », Car je savais que je suis malade, you don’t say ! Quand à rentrer à la maison, NON! Parce que si je rentre maintenant, ma peur aurait eu raison de moi, ce que je n’accepterai jamais.

Je m’enfermais alors dans la salle des réunions et ouvrit une fenêtre face à laquelle je m’installais. J’avais besoin d’air … Beaucoup d’air … J’emplissais mes poumons de cet air frais et le plus je respirais le plus j’en demandais encore. Après 15 minutes de suffocation, la délivrance! Je fondis en pleurs. Tout mon corps pleurait. Mes mains fourmillaient. J’étais finie.

à suivre….

 

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